Un siècle d’aviation
En septembre 1913, Belvès organisait sa fête annuelle traditionnelle et à cette occasion le Président du Comité des fêtes eut l’idée de présenter une attraction exceptionnelle même si quelques rares démonstrations en vol avaient eu lieu depuis 1911 en Dordogne.

Il fallu trouver un terrain approprié et c’est ainsi sur le pilote Georges dit ‘Géo’ Sivel porta son choix sur un terrain situé non loin du château d’eau actuel précisément là où se situe le lycée, au lieu-dit Tournehil. Trois vols successifs seront exécutés au dessus de Belvès dans l’après midi du dimanche 7 septembre 1913. Le prix demandé pour cette exhibition fut fixé à 1000 francs de l’époque (soit quelques € 3250). Les Belvésois virent l’avion parvenir par le…train, ailes démontées puis acheminé au terrain sur une charrette tirée par deux chevaux.

L’aéroplane du type Blériot XI à moteur Bertin de 50cv une fois réassemblé le dimanche 7 septembre – c’est le même type d’appareil que celui de la traversée de la Manche en 1909 toutefois Louis Blériot traversa avec un moteur de seulement 25 cv !

Le succès total de cette manifestation ne put hélas se renouveler l’année suivante. Après la Grande Guerre, et jusqu’à la création de l’aéroclub des Ailes Belvésoises fin 1936, l’activité aérienne, alors basée dans les prés de la Lenotte le long de la Nauze, fut très modeste avec quelques ‘journées aéronautiques’ mais l’impulsion de quelques passionnés bien décidés dont un ancien pilote de la guerre de 14, et un abbé-pilote en soutane fit que les Ailes Belvésoises décollèrent officiellement début 1937.

Un mois plus tard un avion militaire, un bombardier Bloch MB 200 dut se poser à la suite d’une panne de moteur sur le terrain de la Lenotte heureusement sans casse. Cet événement fit grand bruit à Belvès et plusieurs centaines de personnes vinrent voir le gros bimoteur ! Fin 1937, le Club fit l’acquisition d’un biplan Hanriot HD 32.

C’est à cette date que fut crée l’Ecole de pilotage Longuesserre dont le pilote venait de Cahors chaque mercredi faire voler gratuitement sur sa machine les membres du Club. Ceux-ci entreprirent alors les démarches auprès des autorités de tutelle pour acheter des terrains situés sur le plateau du ‘Camp de César’ (plateau occupé quelques siècles plus tôt par des légions romaines). Une fois les formalités terminées, l’activité y fut transférée après un très gros travail de préparation effectué par les bénévoles du Club.

Chaque année en été jusqu’à la déclaration de guerre de 1939, un meeting fut organisé sur ce plateau avec de nombreux visiteurs venus des quatre coins de France. Au programme, voltige avec des pilotes exceptionnels comme F. Malinvaud, démonstration en vol d’une aile volante Fauvel que découvrait le public pour la première fois.

En juin 1938, l’agrément officiel tant attendu pour l’aérodrome est arrivé et le meeting de juillet 1939 fut le dernier avant quelques années de repos forcé…

En 1953/54, une nouvelle équipe se forme et décide de faire repartir l’activité après ces années où le Camp de César a été laissé à la végétation . En 1956 l’aérodrome reçoit la visite de Léon Biancotto, champion du monde de voltige aérienne par trois fois. 1957 marque le premier nouveau meeting d’après guerre. Le Club aligne alors son unique appareil, un DH 82 Tiger Moth célèbre biplan école de la RAF, tout juste acquis un mois auparavant.

Belvès va dès lors présenter chaque année son meeting riche en présentations originales telles celles de Michel Prik, entraîneur national de parachutisme, Léon Biancotto cité plus haut, figure incontournable de l’acrobatie aérienne, le célèbre « Chevalier d’Orgeix » lui aussi grand pilote capable entre autres d’accrocher avec son aile un mouchoir posé à 3 mètres de hauteur sur un fil tendu et ce…en vol sur le dos ! Nous citerons aussi Colette Duval, célèbre pour avoir combiné le pilotage de planeur, le mannequinat, le parachutisme, les courses de stock-cars et le cinéma. Elle vint faire une démonstration époustouflante de saut en parachute à Belvès.

L’aéroclub, après avoir acquis un appareil de voltige, un ZLIN 526 initia de nombreux pilotes à la voltige grâce à l’instructeur ‘maison’ Yvon Feliot.

De nombreux visiteurs effectuèrent des présentations. Citons un Breguet « Alizé » de l’aéronautique navale, un Nord 2501 « Noratlas » qui largua pas moins de 35 paras ! L’ALAT était représentée par des Alouette III. L’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air sur CAP 10 vint également dans les années 70 .On vit aussi régulièrement, Morane 317, Dassault 312, Nord 1101 ‘Noralpha’ et bien d’autres « warbirds » Fokker DR I triplan, Corsair, Yak 5, North American T-6, Douglas DC3, Skyraider, Junker Ju 52, la fameuse « Tante Ju » etc. La liste est très longue.

La Patrouille de France nous fit l’honneur d’être présente à trois occasions et évoluera de nouveau cette année pour le Centenaire de l’aviation à Belvès.

Une autre fidèle présence à Belvès, la Patrouille Cartouche Doré de l’Armée de l’Air de Cognac qui nous fait régulièrement le plaisir depuis 2003 de venir se poser à Belvès régalant ainsi le public de son impeccable présentation en vol.

Patrouille de France ou Patrouille Cartouche Doré ont toujours clôturé de façon magistrale ces Meetings annuels de Belvès, meetings qui font partie du patrimoine de ce village médiéval si riche d’Histoire.

Quant à l’histoire aéronautique belvésoise, elle est également fort riche en événements, distinctions, visites de ministres, passage du tour de France ulm, visiteurs venus en vol de très loin ce qui prouve bien le dynamisme constant des équipes qui se sont succédées pour perpétuer le plaisir de voler en Périgord.